Saint Gaudens
 
 

12/09 - 30/08
 


 
 
La ville de Saint-Gaudens, dans la Haute-Garonne, a tiré son nom d'un jeune martyr, qui versa son sang pour Jésus-Christ en ce lieu et qui est devenu le patron de la contrée.
Saint Gaudens, dit la tradition, était berger ou pâtre, natif d'un hameau appelé les Nérons, dans le Nébouzan. Sa mère, Quiterie, était une sainte veuve qui eut grand soin de l'instruire dans la religion catholique et de le prémunir contre l'hérésie des Ariens, très-redoutables alors : c'était au Ve siècle, lorsque les Wisigoths avaient établi déjà leur domination à Toulouse. Evaric, leur roi, déchainait partout sa fureur contre les Chrétiens et envoya son lieutenant, Malet, dans le pays des Onobusates, afin de convertir les populations à sa secte. Beaucoup de catholiques furent victimes de la persécution, mais la tradition n'a conservé que le nom de Gaudens et quelques détails de son martyre. Cet enfant, âgé seulement de 13 ans, gardait son troupeau au pied du Pujament, lorsque les soldats de Malet vinrent l'arrêter et le conduire devant le tribunal de leur maître. Les promesses ni les menaces ne purent ébranler le jeune berger et il confessa hardiment la divinité de Jésus-Christ,déclarant qu'il aimait mieux mourir que de renoncer à la Foi. Malet entre dans une grande fureur et ordonne qu'on lui tranche la tête; cette sentence est aussitôt exécutée: des soldats conduisent Gaudens au lieu du supplice et il y reçoit en souriant le coup mortel. Mais Dieu manifesta par un prodige éclatant combien cette mort était précieuse à Ses yeux. Dès que la tête eut roulé à terre, l'enfant la prit entre ses mains et se dirigea rapidement vers le Mas-Saint-Pierre (c'était alors le nom de la ville de Saint-Gaudens). Quant il eut franchi la moitié de la distance qui le séparait de la cité, il s'arrêta au bord du chemin et, plaçant sa tête sur une pierre, il se reposa quelques instants - on éleva plus tard une colonne à l'endroit, mais elle disparut à la Révolution. 
Cependant, comme il s'aperçut que des soldats à cheval le poursuivaient, il reprit bientôt sa course et ne s'arrêta plus que dans la ville, où les portes de l'église s'ouvrirent pour le laisser entrer et se refermèrent aussitôt derrière lui. Les soldats envoyés à sa poursuite s'efforcèrent vainement d'entrer dans la basilique; l'un d'eux pressa fortement sa monture, qui, dressant ses sabots contre la porte de l'église, y laissa ses fers. Ils y restèrent plusieurs siècles en témoignage de ce qui venait de se passer.
Quand les Ariens se furent éloignés, les fidèles entrèrent dans l'église et y recueillirent avec un grand respect le corps du martyr, afin de le soustraire à la rage des persécuteurs.
Dès ce moment, les miracles se multiplièrent à son tombeau, et le culte de saint Gaudens devint populaire. L'église primitive, bâtie en l'honneur de saint Pierre, par saint Saturnin, l'apôtre de Toulouse au premier siècle, fit place à un oratoire en l'honneur du patron nouveau de la contrée; la ville elle-même fut renouvelée et prit le nom qu'elle garde aujourdhui. Plus tard, une belle église romane à 3 nefs remplaça l'oratoire, et elle existe encore, mais elle a perdu son beau cloître.
En 1569, les protestants livrèrent aux flammes les reliques de saint Gaudens, dont il ne reste plus qu'une très-faible partie. La fête du Saint, qui se célébrait au mois de mai, époque de son martyre, se célèbre maintenant le 12 sept/30 août.